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Camden Thrasher, le photographe qui transforme les courses automobiles en coups de pinceau

Malckom Valentino28 octobre 2026
Camden Thrasher accroupi à côté de la Porsche d'AO Racing sur la piste de Daytona, un appareil photo à l'épaule
Camden Thrasher à Daytona, photo Motorsport.com.

Une voiture de course photographiée parfaitement nette, on dirait souvent qu'elle est garée. Elle roule à 300 km/h, mais sur l'image rien ne bouge, et toute la vitesse a disparu. Camden Thrasher a construit son style sur ce constat, et c'est pour ça que ses photos ne ressemblent à aucune autre dans le sport automobile.

Il travaille pour de grandes équipes de course et pour des marques comme Audi, et pourtant une bonne partie de ses images sont floues, volontairement. J'ai voulu comprendre comment un gamin qui jouait aux Hot Wheels en est arrivé là.

Repères

  • Photographe américain de sport automobile et d'aviation. Il a grandi à Vancouver, dans l'État de Washington, et vit aujourd'hui à Atlanta.
  • Il commence à photographier les courses au lycée, puis étudie l'ingénierie automobile à l'université.
  • En 2010, à 20 ans, il raconte son parcours sur Speedhunters, l'un des sites de référence de la culture automobile.
  • Il travaille pour des équipes de course, des magazines spécialisés et des marques comme Audi.
  • Sa spécialité, c'est l'endurance, les 24 Heures du Mans et les 24 Heures de Daytona en tête.

Un circuit à dix minutes de chez lui

Enfant, Camden collectionne les Hot Wheels et passe des heures à construire des circuits géants dans sa chambre, où il chronomètre ses petites voitures. Vers 1999, il a une dizaine d'années, son père l'emmène voir une journée d'essais de l'American Le Mans Series. Il se souvient encore des prototypes Panoz qui passent dans un vacarme énorme sur la ligne droite, et à partir de là il ne lâche plus la course.

Il a de la chance, parce que la maison familiale est à dix minutes d'un circuit. L'appareil vient ensuite, et c'est d'abord l'objet mécanique qui l'attire. Le vieux Minolta X-700 de son père l'intéresse comme une machine, avant qu'il comprenne ce qu'on peut en faire. Au lycée, il suit pendant trois ans un cours de photo uniquement en pellicule noir et blanc, qui lui donne surtout une excuse pour aller au circuit chaque week-end.

Il joue de la batterie dans la fanfare de son école, mais à 16 ans il vend la sienne pour s'acheter son premier reflex numérique, un Nikon D100 qui a déjà trois ans, et un 300 mm. J'aime bien ce détail, parce qu'on a tous un jour vendu quelque chose qui comptait pour s'acheter du matériel, mais rarement à 16 ans.

Photographier depuis les tribunes

Au début, il n'a évidemment aucune accréditation. Sur les grandes courses, il photographie donc depuis les tribunes, comme n'importe quel spectateur. Il ne peut pas se placer au bord de la piste, alors il fait avec ce qu'il y a devant lui, le public, les arbres, les reflets.

Avec le recul, c'est peut-être ce qui a le plus compté. Aujourd'hui encore, il photographie à travers les choses au lieu de chercher une vue dégagée, et ce qui était une contrainte d'adolescent est devenu sa signature. Ses modèles de l'époque vont dans le même sens, ce sont deux grands photographes de Formule 1, Rainer Schlegelmilch et Paul-Henri Cahier, connus pour leur façon de rendre le mouvement et pour leurs couleurs Kodachrome des années 70 et 80.

À l'université, il étudie l'ingénierie automobile, et il s'imagine plutôt ingénieur ou mécanicien dans une équipe. Mais l'argent qu'il gagne à côté avec ses photos finit par le convaincre de rester photographe.

Le flou comme méthode

La photo de course classique cherche une voiture nette et bien lisible, sponsors compris, parce que c'est ce que veulent les équipes et la presse. Camden Thrasher descend volontairement à des vitesses d'obturation très lentes, au huitième de seconde et parfois bien plus, en suivant la voiture avec l'appareil. Sur une série de nuit à Daytona, il est allé jusqu'à des poses d'environ une seconde, en expliquant qu'il suffit de suivre la voiture parfaitement pendant un trentième de seconde pour qu'elle reste à peu près lisible au milieu des traînées de lumière.

Le résultat, ce sont des images où la voiture se devine plus qu'elle ne se voit, au milieu des phares, des disques de frein qui rougissent et des lumières du circuit. Il le dit lui-même, ça demande énormément de patience, et beaucoup d'essais ne donnent rien. Mais celles qui marchent sont excellentes.

En tant que vidéaste, ça me parle directement. En vidéo, on filme presque toujours au cinquantième de seconde pour 25 images par seconde, justement pour garder un peu de flou de mouvement, sinon les gestes paraissent saccadés et l'image perd son naturel. Ce flou, on ne le voit pas, mais c'est lui qui rend le mouvement crédible. Thrasher pousse la même idée beaucoup plus loin, sur une seule image.

Et il y a le son. Ce qui l'a accroché enfant, c'est le bruit des moteurs, et il dit que pour photographier la course il faut aimer le bruit. Je trouve que ses photos floues sont une façon de rendre visible ce vacarme qu'une image nette ne transmet pas.

Trente heures à Daytona

L'endurance reste sa vraie passion, et c'est aussi la discipline la plus dure à photographier. En janvier 2025, il couvrait les 24 Heures de Daytona pour la quatorzième fois, pour l'équipe AO Racing. Sa journée de travail dure une trentaine d'heures en comptant le tri des photos après l'arrivée, il marche entre 15 et 25 kilomètres, et il peut déclencher jusqu'à 10 000 fois pendant la course.

Il préfère marcher plutôt que de prendre un scooter ou une voiturette. Il avoue aussi qu'une bonne partie de son matériel est un peu cassé d'une manière ou d'une autre, et que vers trois heures du matin il attend surtout le sandwich au fromage fondu partagé avec l'équipe dans la voie des stands. Pour lui, c'est la nuit que tout devient intéressant, parce qu'on peut se permettre des choses bizarres qu'on n'oserait pas en plein jour.

En 2015, Audi lui confie un projet à part. À partir de 1 158 de ses photos des 24 Heures du Mans, il monte une vidéo en stop-motion qui raconte toute la course, et la marque la présente comme un hommage au sport automobile et au Mans. L'année d'avant, il en avait déjà fait une en noir et blanc pour la chaîne DRIVE.

Les avions de chasse

Depuis quelques années, il s'est mis à photographier l'aviation militaire, d'abord pour souffler entre deux saisons de course. Il part dans les canyons du désert californien, là où les avions de chasse s'entraînent à basse altitude, avec un scanner radio posé sur le capot de sa Jeep pour écouter ce qui se passe dans le ciel. Il peut attendre une journée entière et ne rien voir.

En 2021, au meeting aérien d'Oshkosh, dans le Wisconsin, une de ses photos fait le tour d'Internet. On y voit un F/A-18 de la Navy entouré d'une sorte de film plastique transparent, l'air déformé par la vitesse. Beaucoup ont cru qu'il avait passé le mur du son ou que l'image était truquée. Il a dû rectifier, l'avion volait juste en dessous de la vitesse du son, et il a rappelé qu'il était photographe, pas spécialiste en aérodynamique.

Trois photos à connaître

Le casque, Le Mans, 2017

Voir la photo dans la galerie de B&H Photo© Camden Thrasher

Un mécanicien de Porsche porte un casque jaune fluo, et dans la visière on voit le reflet d'une Porsche 919, la voiture qu'il attend. Pour une fois, l'image est nette, prise au 1/320 de seconde. Toute la course est là, mais dans un reflet de quelques centimètres, et c'est ce qui me plaît, il raconte la voiture sans la montrer.

Les arbres, Le Mans, 2022

Voir la photo dans la galerie de B&H Photo© Camden Thrasher

Au coucher du soleil, il photographie une voiture à travers des arbres à contre-jour, avec un 500 mm et une pose d'un sixième de seconde. Les troncs et la lumière se mélangent en longues traînées orange, comme des coups de pinceau, et la voiture n'est plus qu'une forme au milieu. On est plus près de la peinture que de la photo de presse.

Le chasseur d'Oshkosh, 2021

Voir la photo sur PetaPixel© Camden Thrasher

Un F/A-18 de l'escadron VFA-106 passe devant les nuages, au 1/2500 de seconde avec un 500 mm. Autour de l'avion, l'air se déforme et dessine des lignes qu'on ne voit jamais à l'œil nu. C'est l'inverse de ses photos de course, tout est figé, mais c'est encore la vitesse qu'il photographie.

Ce que j'en retiens

Camden Thrasher n'a pas inventé le filé, les photographes de Formule 1 qu'il admirait le faisaient déjà dans les années 70. Ce qu'il a fait, c'est l'assumer jusqu'au bout dans un milieu qui demande surtout des images propres pour les sponsors, et réussir quand même à en vivre.

Si vous voulez essayer, allez au bord d'une route, réglez votre appareil au quinzième de seconde et suivez une voiture de la gauche vers la droite en déclenchant au milieu du geste. Les premières seront ratées, et c'est normal, mais il suffit d'une seule réussie pour comprendre ce qu'il cherche.

Où voir son travail

  • Sur Instagram, @camdenthrasher, où il publie autant de course que d'aviation.
  • Sur son site, camdenthrasher.com.
  • En écoutant l'épisode du podcast de B&H Photo consacré à la photo de sport automobile, en avril 2025, avec Jamey Price.

Sources

  • Speedhunters, texte de Camden Thrasher (2010), l'enfance, les Hot Wheels, la course de 1999, le Minolta, la batterie, le Nikon D100, les tribunes, Schlegelmilch et Cahier, les études.
  • B&H Photo, podcast et galerie (2025), Atlanta, l'appareil comme objet mécanique, l'argent qui l'a fait rester photographe, la photo du casque et celle des arbres.
  • B&H Photo, Photographing a 24-Hour Auto Race, les poses lentes, la seconde à Daytona, la patience, le bruit.
  • Motorsport.com (janvier 2025), Daytona pour la quatorzième fois, AO Racing, les trente heures, la distance, le matériel cassé, la nuit.
  • PetaPixel (2015), la vidéo en stop-motion pour Audi et celle pour DRIVE.
  • PetaPixel (2022) et The Phoblographer (2022), la photo d'Oshkosh.
  • Hagerty (2021), les canyons et le scanner radio.
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Camden Thrasher, le photographe qui transforme les courses automobiles en coups de pinceau

Malckom Valentino28 octobre 2026
Camden Thrasher accroupi à côté de la Porsche d'AO Racing sur la piste de Daytona, un appareil photo à l'épaule
Camden Thrasher à Daytona, photo Motorsport.com.

Une voiture de course photographiée parfaitement nette, on dirait souvent qu'elle est garée. Elle roule à 300 km/h, mais sur l'image rien ne bouge, et toute la vitesse a disparu. Camden Thrasher a construit son style sur ce constat, et c'est pour ça que ses photos ne ressemblent à aucune autre dans le sport automobile.

Il travaille pour de grandes équipes de course et pour des marques comme Audi, et pourtant une bonne partie de ses images sont floues, volontairement. J'ai voulu comprendre comment un gamin qui jouait aux Hot Wheels en est arrivé là.

Repères

  • Photographe américain de sport automobile et d'aviation. Il a grandi à Vancouver, dans l'État de Washington, et vit aujourd'hui à Atlanta.
  • Il commence à photographier les courses au lycée, puis étudie l'ingénierie automobile à l'université.
  • En 2010, à 20 ans, il raconte son parcours sur Speedhunters, l'un des sites de référence de la culture automobile.
  • Il travaille pour des équipes de course, des magazines spécialisés et des marques comme Audi.
  • Sa spécialité, c'est l'endurance, les 24 Heures du Mans et les 24 Heures de Daytona en tête.

Un circuit à dix minutes de chez lui

Enfant, Camden collectionne les Hot Wheels et passe des heures à construire des circuits géants dans sa chambre, où il chronomètre ses petites voitures. Vers 1999, il a une dizaine d'années, son père l'emmène voir une journée d'essais de l'American Le Mans Series. Il se souvient encore des prototypes Panoz qui passent dans un vacarme énorme sur la ligne droite, et à partir de là il ne lâche plus la course.

Il a de la chance, parce que la maison familiale est à dix minutes d'un circuit. L'appareil vient ensuite, et c'est d'abord l'objet mécanique qui l'attire. Le vieux Minolta X-700 de son père l'intéresse comme une machine, avant qu'il comprenne ce qu'on peut en faire. Au lycée, il suit pendant trois ans un cours de photo uniquement en pellicule noir et blanc, qui lui donne surtout une excuse pour aller au circuit chaque week-end.

Il joue de la batterie dans la fanfare de son école, mais à 16 ans il vend la sienne pour s'acheter son premier reflex numérique, un Nikon D100 qui a déjà trois ans, et un 300 mm. J'aime bien ce détail, parce qu'on a tous un jour vendu quelque chose qui comptait pour s'acheter du matériel, mais rarement à 16 ans.

Photographier depuis les tribunes

Au début, il n'a évidemment aucune accréditation. Sur les grandes courses, il photographie donc depuis les tribunes, comme n'importe quel spectateur. Il ne peut pas se placer au bord de la piste, alors il fait avec ce qu'il y a devant lui, le public, les arbres, les reflets.

Avec le recul, c'est peut-être ce qui a le plus compté. Aujourd'hui encore, il photographie à travers les choses au lieu de chercher une vue dégagée, et ce qui était une contrainte d'adolescent est devenu sa signature. Ses modèles de l'époque vont dans le même sens, ce sont deux grands photographes de Formule 1, Rainer Schlegelmilch et Paul-Henri Cahier, connus pour leur façon de rendre le mouvement et pour leurs couleurs Kodachrome des années 70 et 80.

À l'université, il étudie l'ingénierie automobile, et il s'imagine plutôt ingénieur ou mécanicien dans une équipe. Mais l'argent qu'il gagne à côté avec ses photos finit par le convaincre de rester photographe.

Le flou comme méthode

La photo de course classique cherche une voiture nette et bien lisible, sponsors compris, parce que c'est ce que veulent les équipes et la presse. Camden Thrasher descend volontairement à des vitesses d'obturation très lentes, au huitième de seconde et parfois bien plus, en suivant la voiture avec l'appareil. Sur une série de nuit à Daytona, il est allé jusqu'à des poses d'environ une seconde, en expliquant qu'il suffit de suivre la voiture parfaitement pendant un trentième de seconde pour qu'elle reste à peu près lisible au milieu des traînées de lumière.

Le résultat, ce sont des images où la voiture se devine plus qu'elle ne se voit, au milieu des phares, des disques de frein qui rougissent et des lumières du circuit. Il le dit lui-même, ça demande énormément de patience, et beaucoup d'essais ne donnent rien. Mais celles qui marchent sont excellentes.

En tant que vidéaste, ça me parle directement. En vidéo, on filme presque toujours au cinquantième de seconde pour 25 images par seconde, justement pour garder un peu de flou de mouvement, sinon les gestes paraissent saccadés et l'image perd son naturel. Ce flou, on ne le voit pas, mais c'est lui qui rend le mouvement crédible. Thrasher pousse la même idée beaucoup plus loin, sur une seule image.

Et il y a le son. Ce qui l'a accroché enfant, c'est le bruit des moteurs, et il dit que pour photographier la course il faut aimer le bruit. Je trouve que ses photos floues sont une façon de rendre visible ce vacarme qu'une image nette ne transmet pas.

Trente heures à Daytona

L'endurance reste sa vraie passion, et c'est aussi la discipline la plus dure à photographier. En janvier 2025, il couvrait les 24 Heures de Daytona pour la quatorzième fois, pour l'équipe AO Racing. Sa journée de travail dure une trentaine d'heures en comptant le tri des photos après l'arrivée, il marche entre 15 et 25 kilomètres, et il peut déclencher jusqu'à 10 000 fois pendant la course.

Il préfère marcher plutôt que de prendre un scooter ou une voiturette. Il avoue aussi qu'une bonne partie de son matériel est un peu cassé d'une manière ou d'une autre, et que vers trois heures du matin il attend surtout le sandwich au fromage fondu partagé avec l'équipe dans la voie des stands. Pour lui, c'est la nuit que tout devient intéressant, parce qu'on peut se permettre des choses bizarres qu'on n'oserait pas en plein jour.

En 2015, Audi lui confie un projet à part. À partir de 1 158 de ses photos des 24 Heures du Mans, il monte une vidéo en stop-motion qui raconte toute la course, et la marque la présente comme un hommage au sport automobile et au Mans. L'année d'avant, il en avait déjà fait une en noir et blanc pour la chaîne DRIVE.

Les avions de chasse

Depuis quelques années, il s'est mis à photographier l'aviation militaire, d'abord pour souffler entre deux saisons de course. Il part dans les canyons du désert californien, là où les avions de chasse s'entraînent à basse altitude, avec un scanner radio posé sur le capot de sa Jeep pour écouter ce qui se passe dans le ciel. Il peut attendre une journée entière et ne rien voir.

En 2021, au meeting aérien d'Oshkosh, dans le Wisconsin, une de ses photos fait le tour d'Internet. On y voit un F/A-18 de la Navy entouré d'une sorte de film plastique transparent, l'air déformé par la vitesse. Beaucoup ont cru qu'il avait passé le mur du son ou que l'image était truquée. Il a dû rectifier, l'avion volait juste en dessous de la vitesse du son, et il a rappelé qu'il était photographe, pas spécialiste en aérodynamique.

Trois photos à connaître

Le casque, Le Mans, 2017

Voir la photo dans la galerie de B&H Photo© Camden Thrasher

Un mécanicien de Porsche porte un casque jaune fluo, et dans la visière on voit le reflet d'une Porsche 919, la voiture qu'il attend. Pour une fois, l'image est nette, prise au 1/320 de seconde. Toute la course est là, mais dans un reflet de quelques centimètres, et c'est ce qui me plaît, il raconte la voiture sans la montrer.

Les arbres, Le Mans, 2022

Voir la photo dans la galerie de B&H Photo© Camden Thrasher

Au coucher du soleil, il photographie une voiture à travers des arbres à contre-jour, avec un 500 mm et une pose d'un sixième de seconde. Les troncs et la lumière se mélangent en longues traînées orange, comme des coups de pinceau, et la voiture n'est plus qu'une forme au milieu. On est plus près de la peinture que de la photo de presse.

Le chasseur d'Oshkosh, 2021

Voir la photo sur PetaPixel© Camden Thrasher

Un F/A-18 de l'escadron VFA-106 passe devant les nuages, au 1/2500 de seconde avec un 500 mm. Autour de l'avion, l'air se déforme et dessine des lignes qu'on ne voit jamais à l'œil nu. C'est l'inverse de ses photos de course, tout est figé, mais c'est encore la vitesse qu'il photographie.

Ce que j'en retiens

Camden Thrasher n'a pas inventé le filé, les photographes de Formule 1 qu'il admirait le faisaient déjà dans les années 70. Ce qu'il a fait, c'est l'assumer jusqu'au bout dans un milieu qui demande surtout des images propres pour les sponsors, et réussir quand même à en vivre.

Si vous voulez essayer, allez au bord d'une route, réglez votre appareil au quinzième de seconde et suivez une voiture de la gauche vers la droite en déclenchant au milieu du geste. Les premières seront ratées, et c'est normal, mais il suffit d'une seule réussie pour comprendre ce qu'il cherche.

Où voir son travail

  • Sur Instagram, @camdenthrasher, où il publie autant de course que d'aviation.
  • Sur son site, camdenthrasher.com.
  • En écoutant l'épisode du podcast de B&H Photo consacré à la photo de sport automobile, en avril 2025, avec Jamey Price.

Sources

  • Speedhunters, texte de Camden Thrasher (2010), l'enfance, les Hot Wheels, la course de 1999, le Minolta, la batterie, le Nikon D100, les tribunes, Schlegelmilch et Cahier, les études.
  • B&H Photo, podcast et galerie (2025), Atlanta, l'appareil comme objet mécanique, l'argent qui l'a fait rester photographe, la photo du casque et celle des arbres.
  • B&H Photo, Photographing a 24-Hour Auto Race, les poses lentes, la seconde à Daytona, la patience, le bruit.
  • Motorsport.com (janvier 2025), Daytona pour la quatorzième fois, AO Racing, les trente heures, la distance, le matériel cassé, la nuit.
  • PetaPixel (2015), la vidéo en stop-motion pour Audi et celle pour DRIVE.
  • PetaPixel (2022) et The Phoblographer (2022), la photo d'Oshkosh.
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